Nécropole Celtique

Découverte en Languedoc d'un ensemble funéraire exceptionnel

 Un exceptionnel ensemble funéraire d'époque celtique (IXe-VIIe avant J.-C.) en Languedoc. Une équipe de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) achève actuellement ses premiers travaux sur la commune de Puisserguier (Hérault).

Réalisés sur prescription de l'État (DRAC/SRA du Languedoc- Roussillon) à l'occasion de la création d'une zone d'aménagement économique (ZAE) par la communauté de communes " entre Lirou et Canal du Midi ", ils ont révélé une riche nécropole à incinération du début de l'âge du Fer.Utilisée sans interruption entre le IXe et la fin du VIIe avant J.-C., la nécropole de la Rouquette se singularise par son excellent état de conservation permettant pour la première fois de découvrir le plan d'une nécropole protohistorique du bassin méditerranéen nord-occidental dans son ensemble.

Les 235 tombes qu'elle recèle offrent des observations inédites tant sur les pratiques funéraires et l'organisation sociale du cimetière que sur l'identité des communautés indigènes qui vivaient dans le Sud de la Gaule juste avant le début de la colonisation grecque.

L'originalité de cette intervention réside dans l'exploration intégrale de la nécropole ce qui permet des études précises et détaillées en fonction de l'évolution chronologique. Il s'agit d'une nécropole communautaire où sont incinérés principalement les adultes. Les tombes, signalées par de petits tertres de terre et de pierres, sont constituées par des fosses circulaires profondes fermées par une lourde dalle.

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 Elles sont placées au centre d'enclos, circulaires ou rectangulaires, formés de pierres posées de chant et disposés le long de petits chemins. Aucune sépulture n'empiète sur la sépulture voisine. Situées au coeur de la nécropole, deux tombes se démarquent nettement par une construction plus complexe et plus importante indiquant la présence de défunts au statut particulier, sans doute des chefs de lignée.

Le dépôt sépulcral est posé au fond de la fosse. En général, il se compose d'un vase ossuaire, dans lequel ont été déposés les cendres du défunt et ses effets personnels (petits couteaux, bracelets, objets de toilette et de parures vestimentaires, fibules, pièces de harnachement...) et de vases d'accompagnement. Le vase ossuaire et son contenu correspondent à la sphère personnelle du défunt et les vases d'accompagnement à celles des rites collectifs. Au total, on estime à 4 000 le nombre de vases et à 600 le nombre de petits objets métalliques. C'est une des premières fois en France qu'une nécropole de cette époque montre un ensemble aussi spectaculaire illustrant comme rarement les cultures matérielles du début de l'âge du Fer. Tous les vases d'accompagnement sont déposés selon une logique particulière qui trahit la présence d'une véritable vaisselle funéraire. Peut-être est-elle l'ultime témoin d'un banquet qui unissait les héritiers avec les autres membres de la communauté.

Les premiers résultats sont riches d'intérêt et montrent qu'après les cérémonies funéraires, la nécropole continue d'être entretenue et fréquentée. Le soin apporté à la construction des tombes, la bonne gestion de l'espace sépulcral et l'exceptionnelle qualité de conservation du site en font une référence tant sur le plan régional qu'à l'échelle du territoire national.